26
septembre 1914
Exécution de l'O. du Q.G. du 25,
arrêté à 23 h 45.
6 h. Le groupement sous mes ordres
se trouve en colonne sur la route Hamme - Termonde, la tête à hauteur de
l'église de Grembergen dans l'ordre suivant : Gd/10 - I/10 - H/10 - III4A
- II et III/10.
Je dois me trouver à l'église de
Grembergen pour recevoir les ordres verbaux pour les opérations à
exécuter.
Une automitrailleuse, la Cy/4 DA et
le I/1L sont mis à ma disposition.
But : Marcher par la
grand-route sur Baerdegem et faciliter l'action de 5 DA sur le front
Buggenhout - Opwijck.
Ordre de marche : 1 peloton/14
et automitrailleuse - I/10 avec 2 sect. De
M/10.
Le II suivra le I jusque Lebbeke et
détachera à St Gilles 1 compagnie sur Hoogbrugge, Roien et Halte de Baardegem.
A partir de Lebbeke le II (3 Cies) et 1 section de M. doivent marcher sur K 14
- 5 du ch. De F. Opwyck - Alost par Pollepel et Klein - Gent. III/10 et III/4A
forment le corps principal. 14 (3 Pons) éclaire le flanc gauche (le ch. d. f.
Termonde - Opwyck comme axe de marche) et doit prendre la liaison avec les
troupes de 5 D.A.
Cy et Gdrie/10 éclairent le flanc
droit jusqu'à la Dendre et cherchent la liaison avec le détachement du major
du 8 qui, à l'ouest de la Dendre, marche dans la direction
d'Alost.
A 9 h 30, à la sortie de Termonde,
l'Avt G est reçue par des coups de feu et les patrouilles signalent que de
l'infanterie ennemie sort de Lebbeke. Le I pousse sur St Gilles et un combat
de rues acharné s'engage ; Le II est dirigé par le chemin à l'O. de la
station pour attaquer les défenses de St Gilles au flanc et les déborder. La
batterie Marchand a pris position au flanc et les déborder. La batterie
Marchand a pris position au S de la gare près du gazomètre. Le III en réserve
a atteint la gare de Termonde avec la 2ième batterie du groupe. (10 h)
A 10 h 5 reçu ordre du Q.G. de
n'engager au S. de Termonde que 2 bataillons et 1
batterie.
10 h 30. La 2ième batterie est
remise à ma disposition avec mission de coopérer si possible à l'engagement
que livre le détachement Chomé vers Audegem. La batterie Michotte est adjointe
au II pour remplir cette mission (une note du Q.G. reçue à 11 h 20 me signale
l'Artillerie amenée vers Gysegem) ;
A 10 h 30 la batterie Marchand
ouvre le feu sur les tranchées allemandes à 500 m. au S ; du clocher de
St Gilles.
Le I/1L est au combat avec
l'infanterie ennemie vers Torrestraat.
Le I/10 est entièrement délogé et
progresse pendant que le II s'engage à sa
droite.
La Cie cycliste n'a rien rencontré
jusqu'au parallèle d'Audegem ;
A 11 h 50 je suis avisé qu'une
forte patrouille ennemie longe la rive E ; de la Dendre à hauteur de
Wieze.
Le combat devient plus intense, la
batterie Marchand prend à partie l'artillerie à Breestraat ; le feu de
celle-ci est bientôt éteint. Nos fantassins progressent et à 12 h 55 certains
groupes ont dépassé l'église de St Gilles.
Les renseignements demandés à 5 DA
par le Colonel Jaminé sur la situation à ma gauche me parviennent à 13 h
10 ; « La 5 D.A n'a rien devant elle, 2 brigades sont en position de
rassemblement à D'Hoogelinde et Opstal »
A 13 h 30, le commandant de la
Compagnie cycliste me faisait savoir que le détachement Chomé avait dû battre
retraite sur la lisière S. d'Audegem où ses tirailleurs étaient
postés.
Afin d'enlever St Gilles, à 13h 20,
ordre est donné à l'artillerie de battre à brisants les maisons du
village ; à 1 Cie du III de tourner St Gilles par Torrestraat ; au I
de profiter de l'action de la Cie (2/III) pour enlever st Gilles.
A 13 h 50 reçu avis du commandement
de 4 D.A. de faire dire à 5 D.A. qu'elle doit continuer son mouvement
d'Hoogelinden-Opstal vers le S et le S-O pour assurer le succès de la journée
en l'avertissant que je marche vers Lebbeke.
(Exécuté)
14 h 35, reçu ordre du Q.G. de
pousser l'ennemi dans les reins s'il esquisse un mouvement de
retraite.
15h 10, reçu du commandement de 5
D.A. situation de ses troupes et avis que 4 Bons et 2 Bies vont se porter sur
l'ancienne Batteries n°3.
La II/10 avait des éléments
jusqu'au mamelon 6.4 à l'O de Moerstraat. Ces éléments ne peuvent progresser
et doivent même se retirer pour éviter d'être tournés par un
détachement
d'infanterie et d'artillerie, qui
avait passé la Dendre à Wieze.
La Cie cycliste qui avait dû
rétrograder et la batterie Michotte qui n'avait pas pu déboucher à l'E de la
gare vont à 15 h 50 renforcer la droite et pallier à la menace qui s'annonce
sur mon flanc droit.
A 16 h 35 le II reçut ordre de
pousser sur Bredestraat où les les allemands se
retranchent.
A 17 h je reçois vais du Comte de 5 DA que 3
Bons et 3 Bries marchent sur Borne 6 de la route de
Termonde-Assche.
A 17 h 30, l'ennemi semble se
retirer mais il est ramené en avant et se retranche sur
place.
A 17 h 30, le major Gracia me faisait savoir qu'un peloton de ch
à cheval occupait la gare de Lebbeke et qu'une Compagnie occupait le village.
(
Cette situation n'a jamais été
confirmée, elle été plutôt informée par les renseignements reçus le lendemain
à Lebbeke)
Ordre de 19 h 50 : Toutes les
troupes logeront sur les positions.
22 h. Reçu
renseignements d'une femme vevant d'Alost que les Allemands partent dans la
direction d'Assche. Depuis Molenstraat elle n'a plus vu
d'ennemi.
C.R. rendu du 26 établi par le
Capitaine a.e.m. Bogaerts, délégué de la 4 D.
A.
Le groupement commandé par le
Colonel Verbist comprenait 10, M/10, Gd/10, I/14, Cy/4DA, 1 auto-mitr,
III/4A.
Il avait pour mission de pousser
offensivement suivant la route de Termonde à Bruxelles, en liant son action, à
sa droite avec un groupement du B, à sa gauche avec 5
DA.
Le groupement parti de Grembergen à
8 h, marchait dans l'ordre suivant:
Avt G. : 1 peloton/I/14 avec
auto-mitr., I/10, 2 S ?? : de M.
Corps principal : III/10 et
III/4A.
Le II/10 + 1 Son M. devait suivre
l'At G. jusqu'à Lebbeke, puis former fl. garde par Weverstraat, Pollepel,
Klein-Gent, le Km 14.500 du ch. de fer de Londerzeel à Alost. Toutefois, à
partir de la gare de Termonde, le détachement envoyait une compagnie par l'Est
de Denderbelle, sur 't Hoekskens, Roien, Baerdegem
(station)
Ce dispositif était justifié par le
caractère extrêmement couvert de la région à
traverser.
3 pelotons du 14 avaient pour
mission de reconnaître le secteur par la route de Bruxelles à la
Dendre.
A 9 h 30, le peloton 4 de
l'avant-garde était reçu à coups de feu au moment où il atteignit les
premières maisons de St Gilles. Une reconnaissance signalait en même temps que
de l'infanterie ennemie sortait en force depuis Lebbeke.
Le I/10 pousse de l'avant, envoyant
ses tirailleurs dans les maisons et jardins situés de pat et d'autre de la
route. A partir de ce moment commence à St Gilles, un acharné combat de rues
qui ne devait cesser qu'à la nuit.
Le II/10 s'engage, dans les mêmes
conditions, au S-O de la gare de Termonde.
Le III/10 reste en réserve à la
porte de Bruxelles avec la batterie Michotte qui ne peut trouver de position
de tir pour soutenir l'action de II/10.
A 10 h 30, la batterie Marchand,
établie au gazomètre, S de la gare, ouvre le feu contre des fantassins allemands
garnissant des tranchées à 500 m S du clocher de St
Gilles.
Vers midi la situation était la
suivante :
I/10 ayant déployé tout son monde,
a refoulé l'ennemi dans le village jusqu' 200 m Nord de l'église .Une
compagnie du III lui sert de renfort à la lisière N de St Gilles. II/10 a
atteint Moerstraat, avec un peloton vers
Hoogbrugge.
La batterie du gazomètre a obligé à
la retraite une batterie prussienne signalée vers
Hoogbrugge.
A 13 h, une compagnie du III/10 est
envoyée pour tourner St Gilles par l'Est. Elle se heurte à l'ennemi qui tient
Torrestraat et qui a déjà obligé notre escadron ase reporter vers
Dykstraat.
Le I/10 a progressé jusqu'au S de
l'église. Notre compagnie cycliste a atteint Mespelaar et va garnir la Dendre
face à l'Ouest pour pouvoir prendre au flanc des forces allemandes se
dirigeant vers Audegem.
A 14 h, une attaque d'infanterie
allemande se produit sur la droite de II/10 qui est obligé de se replier sur
la chapelle située à 1000 m O. de la ferme
Breestraat.
Cette attaque est appuyée par une
section d'artillerie ennemie portée à la ferme
Moerstraat
Nos pièces du gazomètre sont
menacées. Mais le Colonel Verbist envoie une compagnie du III/10 à la
rescousse. Celle-ci contre attaque vigoureusement et refoule les fantassins
prussiens, tandis que nos canons obligent la section d'artillerie de se
retirer. Il est 14 h 30 ; la ligne allemande s'étend, perpendiculaire à
la route de Bruxelles, à la hauteur de la Ferme
Breestraat.
Du côté belge I/10 est complètement
engagé dans St Gilles, flanqué à droite et à gauche par une compagnie de
III/10. Une 3ième compagnie de III/10 coopère à l'action du II/10 vers la
chapelle du Sud de la gare. La 4ième compagnie de III/10 reste seule en
retrait delà gare.
A 15 h 15 nouvelle attaque ennemie
contre le II/10. Trois compagnies et une batterie y prenne
part.
Le II/10, menacé sur la droite, se
replie jusqu'au passage niveau de
Boonwyk.
Mais grâce à l'action de nos canons
du gazomètre, il peut, vers 16 h, reporter 2 compagnies en avant, à la
Chapelle.
A 16 h 30 nos pièces tirent sur de
l'infanterie ennemie qui entame des tranchées vers
Broekstraat.
Une heure après, la ligne ennemie
marque un recul le II/10 tandis qu'elle essaye vainement de progresser sur le
flanc gauche du I/10.
A la tombée de la nuit, notre
batterie du gazomètre incendié, par des obus brisants, une série de maison au
S-O de l'église, chassant des tirailleurs ennemis qui les occupaient
encore.
L'obscurité des fait, peu à peu, le
feu cesse de part et d'autre. Seuls, des coups de feu isolés claquent encore
dans la nuit, puis, vers 20 h, le silence
s'établit.
Toutes nos
troupes couchent sur leurs positions, sauf les armes montées qui vont
bivouaquer dans les ruines de Termonde.
27 septembre
1914
5 h 40. Ordre au I/14 de prendre
contact avec 5 D.A. par l'ancienne batterie n°3 et Lebbeke ; à la
Cie/cyclistes de fouiller le secteur Dendre - Route de Termonde -
Asche.
6 h. Reçu ordre d'opération de 4
D.A. : Le détachement du colonel Couturiaux pousse sur Alost et Wieze.
Attaquez les troupes devant vous -
Le détachement de la 5 D.A., logé à Lebbeke, prendra l'ennemi entre
deux feux - (La 5 D.A. n'avait pas poussé jusque là - Les renseignements
fournis par le détachement de cette D.A. étaient
faux).
Délimitation des secteurs de 5 et 4
D.A. : ligne ferrée Termonde - Opwyck - Merchtem. Se retrancher à
Lebbeke. Contre attaque venait du Sud.
En conséquence je donne l'ordre
suivant :
Aux I-II /10 : pousser
sur le front Lebbeke - Blystraat ;
Au I/1L, confirmation de l'ordre de
5 H 40 ;
Gendarmerie et cyclistes, chercher
la liaison avec le 8 à Wieze.
La marche se fait sans incident
dans la région évacuée.
Le régiment ramasse de nombreux
blessés allemands (56 dans St Gilles)
De l'interrogatoire des blessés et
des inscriptions sur les portes relatives au logement, il ressort que toute la
37ième brigade était devant nous.
A 7 h 20 demande de 5 D.A. de
relever les troupes de Lebbeke.
A 8 h 15 le corps principal arrive
à Lebbeke.
A 9 h 30 je donne ordre d'organiser
la lisière de Lebbeke sur la ligne Weverstraat-Borne 5- agglomération à 400 m
S-E de la borne 5. Echelon défensif à Blystraat. Artillerie à hauteur de
Lebbeke à l'E et à l'0 de l'agglomération.
Au 14, éclairer la route Maxezreel
et fouiller entre la route et le chemin de fer
Termonde-Opwyck.
Aux cyclistes, pousser jusqu'à la
ligne ferrée Opwyck-Alost et de mettre en liaison avec D.C. qui doit opérer
sue Baerdegem.
Sous la protection du III poussé à
l'avant-garde pour la marche de cette journée ; le I organise la
position ; le II organise l'échelon défensif, 2 compagnies à ma
disposition à Blystraat.
A 10 h 40, la 5 D.A. (colonel
Berger du 21) me fait savoir que les troupes du 21ième qui occupent la ferme
Tervent et la ferme 400 m. N-E de la gare de Lebbeke se retirent sur
Buggenhout.(Hélas pour nous !)
De 1 h 25 à 12 h, différents
renseignements m'arrivent. Une compagnie ennemie remonte de Minnestraat sur
Lebbeke., les patrouilles de cavalerie sont arrêtées à hauteur de la borne
7.
D'autres renseignements
m'apprennent que Baerdegem est occupé par les troupes ennemies de toutes
armes.
A 12 h des coups de feu éclatent
sur le flanc gauche de Minnestraat.
Le I est attaqué en front et en
flanc ; l'attaque sur le flanc gauche devient bientôt
menaçante.
Les 2 compagnies du II de Blystraat
sont appelées à Lebbeke et se portent à la gauche du I déployé dans des
tranchées à peine amorcées.
Le II, aux avant-postes, s'est
retiré pour démasquer nos positions que le I occupe ; les fractions du
III qui ont pu se décrocher viennent constituer ma nouvelle réserve au N de
Lebbeke.
12 h 25. Les reconnaissances me
signalent que la ligne Minnestraat-Opstal est tenue par l'infanterie ennemie.
Sous la pression de l'infanterie ennemie et des feux d'artillerie tirant à
courte distance, mes troupes se sont repliées sur la lisière S de
Lebbeke.
L'ennemi progresse de Minnestraat
le long du chemin de fer et menace ma ligne de retraite vers
Termonde.
Craignant d'être tourné par ma
gauche, j'ordonne à 1 Cie/III avec 1 S M/10 de se porter à l'ancienne batterie
n°3 et je prescris la retraite par échelon par la gauche sur le
Vondelbeek ;
A 14 h 45 cette position est
prise ; L'infanterie ennemie est entrée dans Lebbeke mais n'en débouche
pas, elle est canonnée par nos batteries qui ont pris position au cimetière et
au gazomètre.
Un bataillon de renfort, du 13,
arrive à 17 h et reçoit ordre d'occuper la ligne des batteries n°3 et n°2 pour
protéger le mouvement de retraite sur
Termonde ;
A 17 h 40 le Q.G. m'ordonne de
garder les positions actuelles ou celles de la nuit
dernière.
Trouvant la position du Vondelbeek
trop étendue, je décide de me porter aux lisières S de St Gilles en me ardant
su Dykstraat et Keur à ma gauche et à Boonwyk sur ma
droite.
Le 28 à 1 heure je reçois ordre de
repasser l'Escaut et de me diriger vers
Hamme.
Le mouvement commencé par ma droite
s'exécute sans incident.
Pertes pour les 2 journées :
Tués : 1 officier (Lieutenant Van Daele) et 20
troupes.
Blessés : 4 officiers et 102
troupes.
Fait
environ 60 prisonniers dont 2 officiers.
Le B.B. des Sc. Mil. De juin 1937-
p.486-donne un C.R. des combats de Termonde des 26 et 27 sept. 1914 (extraits
dune étude le rôle par la 4ime D.A. à Termonde)
Notes.
Août 1920
20/8/20 Au Commandant du 10ième de Ligne
au Camp de Beverloo
Mon Cher Commandant,
Ne croyez vous pas que le moment est venu
de demander
pour le 10ième de Ligne, l'honneur de pouvoir inscrire sur son
drapeau : St Gilles lez Termonde-Lebbeke ?
La section historique de l'état-major de
l'armée, avec l'approbation du Roi, a dressé récemment la nomenclature
officielle des combats et batailles livrés l'armée belge.
En examinant ce tableau, on est amené à
cette remarque que les drapeaux de la généralité des régiments qui ont
participé aux batailles et combats reconnus officiellement, ont obtenu une
inscription rappelant les dits combats et batailles.
Pour les combats autour de Liège, c'est
uniformément Liége. Pour Namur, on comprend qu'on s'y arrête pas, le combat
de Wartet livré par des fraction du 10, du 30 et du 45ième Fr n'ont peut
être pas eu une grande importance au point de vue des conséquences.
Mais votre attention a le droit de
s'arrêter sur les combats de St Gilles lez Termonde et de Lebbeke, des 26-27
septembre 1914 (3ième sortie d'Anvers)
St Gilles-Lebbeke n'est pas un combat de
peu d'importance ; il suffira d'en lire, sous peu la relation dans le
Bulletin Belge des Sciences militaires pour en être convaincu.
J'ai gardé de ces deux journées le
souvenir que le 10ième de Ligne, auquel étaient adjoints III/4A, I/14 et
cy/4DA, malgré qu'il ne fut pas soutenu à gauche par la 5ième DA, est
parvenu à faire reculer la majeure partie de la 37 Br. de Landwehr qui ne du
son salut, le 26 septembre 1914 191', qu'à l'obscurité et au fait que la 5
D.A. n'avait engagé à notre gauche que de faibles forces.
Ces faibles forces, en ce retirant le 27
septembre 1914
découvraient notre flanc gauche, circonstance qui n'échappa pas à
l'ennemi. Le jour de Lebbeke, en effet, celui-ci ramena des forces suivant
la direction générale de la voie ferrée pour nous tourner.
C'est certainement grâce à
la belle et courageuse conduite du 10ième de Ligne pendant ces deux
jours que la 37ième Brigade de réserve s'est vue dans
l'impossibilité de passer sur la rive gauche de l'Escaut pour
achever probablement l'investissement préliminaire d'Anvers avant
que devaient commencer les opérations effectives du siège de cette
place.
Et dans l'exécution des
décisions du Commandant de groupement, les I et III du 10 se
comportèrent brillamment, tout spécialement le brave major Deisser à
la prudence et la sagacité duquel on du, à St Gilles, l'économie
d'un grand nombre de vies humaines.
Les affaires de St Gilles
lez Termonde et de Lebbeke sont de beaux fiats d'armes à l'actif du
10ième de Lige ; ils méritent la récompense d'une inscription
sur le drapeau ;
Je serais heureux, Mon cher
Colonel, si par la suite j'apprenais que vos efforts ont abouti et
que le mérite du 10ième aura été consacré par une 4ième inscription
sur son drapeau.
Signé
Le Lieutenant Général
retraité
Ancien Commandant du
10ième
Verbist
Remarque (juin 1927)
J'ignore si le chef de corps a donné suite à
l'idée exprimée au début de la présente. Ce que je vois c'est que le
10ième de Ligne ne porte pas l'inscription St
Gilles-Lebbeke sur son drapeau mais qu'au mois d'octobre 1914 1923
il a été autorisé (seul régiment d'infanterie belge, sauf toutefois
le 30e supprimé) à y faire inscrire « Namur ». Pour le
motif voir au 26-8-14 ci-devant.Cette inscription étant la 4e,
permet au drapeau et aux anciens du 10e, de porter la fourragère à
la couleur du ruban de l'Ordre de Leopold.C'est le but que je
voulais atteidre par ma suggestion du 20 août
1920.
C.R. de la journée du 27
par le témoin rapporteur Bogaerts Capitaine Commandant a.e.m., délégué
de la D.A.
Au
lever du jour, les troupes du groupement du Colonel Verbist, qui
avaient couché sur leurs positions, conquises la veille, trouvèrent le
village de ST gilles évacué.
On
se porta immédiatement en avant. La marche fut lente d'abord car, pour
éviter de tomber dans une embuscade, il importait de fouiller toutes
les maisons et les nombreux couverts bordant la route, avant d'engager
la colonne sur celle-ci.
Vers 8 h. 40, on atteignît la lisière de Lebbeke
sans avoir rencontré l'adversaire. D'après les ordres du Q.G. il
fallait tenir ces lisières contre toute attaque venant du sud. En
conséquence, le Colonel Verbist poussa III/10 sur le front
Pollepel-Minnestraat pour protéger les travailleurs du génie et de
l'infanterie qui commencèrent à organiser des travaux de défense à
Weverstraat et à 400 m. au S-E de la borne 5 de la route de Bruxelles.
Des échelons défensifs étaient prévus à Bellestraat et sur le
Bellebeek.
Tandis que I/10 entamait ces travaux, II/10
faisait des retranchements pour 2 compagnies à Blystraat et
Fonteintje. Les 2 autres compagnies restaient réservées à
Blystraat ;
Les 2 batteries de III/4A s'établissent de part
et d'autre de la grand' route, à hauteur de la borne 3.500. L'escadron
de lanciers étend sa surveillance depuis la route jusqu'au chemin de
fer ; les gendarmes et les cyclistes font de même jusqu'à la
Dendre.
Mais nos fantassins avaient à peine le temps de
donner quelques coups de pelle, l'infanterie allemande débouchant des
bois de Minnestraat, se portait à l'attaque.
Nos cyclistes nous annonçaient d'autre part vers
10 h. que des forces ennemies occupaient Roien ; La nature fort
couverte du terrain rendait difficile la détermination des effectifs.
C'est à ce moment que notre cavalerie nous signale un recul prononcé
de la 5 D.A. qui se portait d'Opstal vers Hoogelinden. Ce mouvement
découvrait le flanc gauche du groupement du Colonel Verbist.
Pour parer à ce danger, et ensuite des
instructions du Q.G. qui lui enjoignait avoir à tenir Lebbeke, le
Colonel Verbist porta une compagnie du III/10 à Heyseyde et rappela
successivement en réserve à Lebbeke, 1 compagnie du II/10 et les
compagnies du III/10 qui, n'étnt pas trop engagées devant le front,
pouvaient encore se dégager.
Entre-temps, nos cavaliers nous signalaient que
des forces de toutes armes qui ne pouvait évoluer, occupaient les bois
de Luyk (arrêt du chemin de fer d'Alost).
Vers 12 h. 30 l'infanterie ennemie occupait la
ligne Minnestrat-Opstal et nos positions étaient canonnées. A ce
moment le 21e belge se retirait de la ferme de Tervent et de
Poelstraat vers Buggenhout (il en était parti depuis plus d'une heure,
note du Commandant du 10)
A
13 h. 10, il reçu avis que 1 bataillon du 13e et 1 batterie étaient
envoyés pour prolonger sa gauche.
Mais vers 13 h. 25, la droite et la gauche se
mirent à plier. Force fut de faire retirer le I/10 qui, au front,
menaçait d'être coupé. Une compagnie du III/10 et une batterie furent
envoyées à l'ancienne batterie n°3 pour soutenir la retraite des
troupes qui s'accentuait. Les pertes en hommes devenaient sérieuses,
dues surtout au feu de l'artillerie ennemie établie à l'Ouest du bois
de Buggenhout, mais que nos artilleurs ne parvenaient pas à récupérer
exactement.
Le
Colonel Verbist sent faiblir la résistance de son détachement et à 14
h. 15 il donne l'ordre de tenir pendant une heure ou, s'il est trop
fortement pressé, de reprendre les positions occupées la veille à St
Gilles.
A
14 h. 45, il arrête ses troupes dans une situation intermédiaires et
prend position à cheval sur la route de Bruxelles, à hauteur de la
borne 3 ; il y a 2 bataillons en ligne, 1 en réserve. Une
batterie au cimetière de St Gilles, une autre au gazomètre.
Il
est alors successivement renforcé par une batterie qui va se joindre à
celle du cimetière, et par 2 compagnies du 13e qu'il porte entre les
anciennes batteries 2 et3 afin de protéger sa gauche.
A
16 h. 30, les prussiens entre dans Lebbeke évacué par nos derniers
éléments et occupent le cimetière. Notre artillerie les oblige à s'en
retirer.
A la
nuit tombante, le Colonel Verbist estimant que le front qu'il occupe
est trop étendu pour lui permettre de résister dans de bonnes
conditions à une attaque de nuit, replie ses forces sur la lisière Sud
de St Gilles. Le mouvement s'exécute lentement, en ordre et en
silence.
28
septembre 1914
1
h. Reçu ordre du Q.G. de repasser et de reprendre les cantonnements
des 25/26 pour les troupes de mon groupement initial.
6
h. Arrivée à Hamme.
7
h. 25. Reçu l'ordre du 4 D.A. de me porter avec 2 bataillons, M/10 -
G/10 sur Moerseke et de 2 compagnies à Castel. Le I/10 reste dans ses
cantonnements à la disposition du Q.G.
8
h. Départ.
9
h. 10. Arrivée à Moerseke.
17 h. 45. Reçu l'ordre pour la
défense de l'Escaut. Cet ordre est résumé ci-après :
(Extrait du B.B.S.Mil. de mai 1922
p. 541)
Le Colonel Verbist, qui disposait
des troupes de la 10e Br.M. (moins 1 bataillon du 10, Res. Div. re)
etd 2 batteries du II/4 A, avait établi son groupement à Moerseke et à
Castel.
Il
avait pour mission de défendre à l'ennemi attaquant Termonde,
l'utilisation du terrain entre la ville de Baesrode et de lui disputer
le passage du fleuve dans cette zone. Il devait encore organiser à la
hauteur de Spurt une position d'accueil (Le I/10)
Logé
chez Baron de Crombrugge (Château)
29
septembre 1914
Dispositions prises ensuite de l'ordre de la
veille : 2 Cie/II gardant la région depuis le Coude de Cramp
jusqu'à Oudenbriel, des patrouilles doivent surveiller la digue
jusqu'à St Amand ; 1Cie/II est en réserve à Castel. 2 Cie/III
doivent garder la digue du Coude de Cramp à Terkillen.
10
gendarmes sont adjoints à chaque bataillon, pour établir entre les
postes une liaison incessante.
3
compagnies restent en réserve à Moerseke à la disposition du
commandant de groupement.
Le
II/4A conserve sa position près du Min de Castel afin de :
contre battre l'artillerie ennemie qui bombarde
le pont de Termonde,
empêcher concurremment avec l'infanterie toute
tentative de passage à Baesrode.
La
liaison est établie à notre droite avec le 8e à Terkillen.
10
h. 30. Des renseignements sont demandés à 4 DA sur les emplacements de
la 6 DA sur la rive droite de l'Escaut.
11
h. 50. Réponse: « La droite de la 6 DA est probablement à St
Amand.
11
h. II/4A ouvre le feu sur des batteries établies vers Mannekenstraat
et canonnant Termonde.
13
h. Ordre à la Gendarmerie de rechercher la liaison avec 6 DA.
14 h.
45. La reconnaissance envoyée rapporte que des
détachements de la 6 DA (1er ch. à ch.) se trouvant vers Km 31 du
chemin de fer Termonde-Puers.17h. 20. Le II/10
reçoit ordre d'établir des postes jusqu'à hauteur de St Amand.